« Agriculteurs » et « Boire un canon, c’est sauver un vigneron » sont deux chansons emblématiques de WAZOO, dédiées aux agriculteurs, aux vignerons et au monde agricole. À travers ces titres, le groupe folk festif auvergnat rend hommage à l’agriculture, aux campagnes françaises et à celles et ceux qui les font vivre au quotidien. Fidèle à son identité de musique populaire et rurale, WAZOO défend le bon sens paysan, les valeurs rurales et le lien entre musique, territoires et transmission intergénérationnelle.
Depuis plus de vingt-cinq ans, WAZOO occupe une place singulière dans le paysage musical français. Né en Auvergne, le groupe s’est construit loin des grandes scènes urbaines, en privilégiant les fêtes de villages, les bals populaires et les rassemblements ruraux. Un choix assumé, qui constitue le socle de son identité artistique. Dès 2015, avec le titre Cantal Plus, WAZOO esquisse un propos qui dépasse la simple déclaration d’amour au territoire : une critique lucide de la désertification des campagnes, confrontées à une vision technocratique et centralisée du pays, souvent déconnectée des réalités rurales.
Révélé par le succès de La Manivelle, WAZOO rassemble un public large, d’abord attiré par l’énergie festive, puis durablement fidélisé par un attachement constant aux campagnes. Le groupe s’adresse aux habitants des zones rurales, aux familles, aux agriculteurs, à toutes les générations réunies. Une France rarement mise en avant dans les récits culturels dominants, mais bien vivante autour des scènes de plein air et des chapiteaux, rendue possible par l’engagement indéfectible des bénévoles.
Au fil des albums, WAZOO s’impose comme une référence du folk rural français. Ses chansons racontent la terre, le quotidien agricole, la transmission et le bon sens paysan, sans nostalgie figée ni folklore de façade. Cette démarche trouve une expression particulièrement forte avec « Agriculteurs », imaginée en 2019 avec les Jeunes Agriculteurs de Haute-Loire. Reprise lors des mobilisations paysannes, notamment au début de l’année 2024, la chanson devient un véritable hymne du monde agricole, circulant largement sur les réseaux sociaux et dépassant le cadre du concert. Sans slogan ni posture revendicative, elle met des mots simples sur une réalité complexe : celle d’un métier essentiel, souvent fragilisé, mais porteur d’une identité collective forte.
L’engagement de WAZOO en faveur des campagnes s’inscrit dans la durée. L’album L’amour sera toujours dans nos prés (2017) affirmait déjà cet attachement profond à l’agriculture et aux territoires ruraux. La chanson « Ovalie », écrite avec des élèves du lycée agricole d’Aurillac, prolonge cette démarche de transmission. En rendant hommage à la vache Salers, symbole de l’élevage auvergnat, le groupe crée un lien direct entre culture musicale, formation agricole et identité territoriale.
En 2021, WAZOO adopte un ton plus décalé avec le titre Mon Taureau, accompagné d’un concours lancé sur les réseaux sociaux pour élire le taureau le plus sexy. Derrière l’humour assumé, l’initiative vise à attirer l’attention sur une profession fragilisée par les crises successives, mal rémunérée et privée cette année-là, en raison de la pandémie, du Salon international de l’Agriculture de Paris.
Avec Un veau qui tète bien n’a pas besoin de foin (2024), WAZOO poursuit cette ligne artistique en revendiquant un bon sens paysan frontal, porté par l’humour et l’énergie, et clairement opposé à une technocratie jugée hors-sol. Le groupe tourne en dérision les injonctions absurdes, les raisonnements statistiques déconnectés et les décisions prises loin des champs et des étables, rappelant que l’agriculture ne se gouverne pas uniquement depuis des bureaux.
Chez WAZOO, l’attachement au monde agricole ne se discute pas. Mais parmi les paysans, il faut bien l’avouer, le groupe nourrit une tendresse particulière pour ceux qui travaillent la vigne. Avec « Boire un canon, c’est sauver un vigneron », WAZOO transforme le geste le plus simple — lever le coude — en acte de soutien joyeusement assumé.
La chanson célèbre le plaisir d’un verre partagé, bien sûr, mais glisse surtout une conviction en filigrane : défendre les terroirs viticoles et celles et ceux qui les font vivre. Car chez WAZOO, la convivialité n’est jamais gratuite, elle est toujours enracinée. En tournée à travers la France, le groupe profite de chaque concert pour aller humer les caves, rencontrer des vignerons, goûter de nouvelles cuvées et prolonger la fête hors scène, là où les discussions se font plus vraies.
Sans renier les autres agricultures, WAZOO revendique un penchant certain pour les Côtes d’Auvergne et les vins de Saint-Pourçain, deux appellations maison, élevées au rang de partenaires culturels. Une préférence assumée, presque militante, où le vin devient à la fois symbole de terroir, de transmission et de lien social. Après tout, soutenir les campagnes passe aussi, parfois, par un canon bien choisi.
Sans discours militant affiché, WAZOO propose une musique de reconnaissance. Une musique qui rappelle que sans agriculteurs, il n’y a pas de campagnes vivantes, et que sans campagnes, il n’y a pas de pays.